Dans le cadre de la semaine des femmes ingénieures, nous nous sommes intéressés à ce métier particulier, peu exercé par la gente féminine. Justine Culioli, 30 ans, directrice des grands projets de la Société Foncière Lyonnaise nous apporte son témoignage et partage avec nous quelques bribes de son quotidien !

Quelles formations avez-vous ?Justine Culioli photo

J’ai une formation d’ingénieur Centrale Paris, spécialisée en 3ème année en Aménagement Construction.

Quelle est votre actuelle fonction ?

Je travaille au sein de la SFL (société Foncière Lyonnaise), à la direction technique et développement. Je suis directrice des grands projets de SFL, et suis donc responsable de la programmation, conception, dépôt des autorisations administratives, et réalisation en travaux de nos grands projets. Ces opérations que je dirige sont des opérations de grande ampleur qui tournent autour de 120 millions d’euros en général. Je vais jusqu’à la phase de commercialisation de ces immeubles et passe la main à d’autres équipes pour la phase d’exploitation de l’actif.

Globalement, que faites-vous au quotidien ?

Mon quotidien est très varié et il est difficile de le résumer… Globalement je mets en place et dirige des équipes de maîtres d’œuvre (architectes, bureaux d’études, bureaux de contrôle) et des entreprises pour concevoir et réaliser les grosses opérations de réhabilitation que nous menons sur nos actifs. Je travaille en lien étroit avec les équipes commerciales et transactions, la direction property management et la direction générale. Je suis très souvent en réunion chez mes maîtres d’œuvre ou sur les chantiers et travaille la plupart de mon temps en équipe. Je m’occupe de problématiques juridiques (contrats, lien avec des cabinets d’avocats pour audits de dossiers administratifs etc.), techniques, architecturales, organisationnelles.

Seules 28% des filles sont en école d’ingénieurs, avez-vous ressenti cette différence pendant vos études ?

Je n’ai jamais vraiment ressenti cette différence car depuis le lycée les filles ont toujours été minoritaires dans mes études, que ce soit en spécialité S, en classes préparatoires Maths sup Maths Spe et en école d’ingénieur. J’ai globalement plus d’amis garçons que filles donc c’est pour moi la normalité. 

Les femmes ne représentent aujourd’hui qu’environ 20% des ingénieurs en poste, le ressentez-vous dans votre métier ?

Il est vrai que je travaille majoritairement avec des hommes, si ce n’est pas uniquement mais je ne ressens pas réellement cette particularité dans mon métier. Même dans le domaine de la construction, la présence de femmes sur les chantiers est entrée dans les pratiques et n’est plus spécialement remarquée.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir ingénieure ?

Cela s’est plus fait au fil des années par rencontres et opportunités. Je suis entrée en classes préparatoires scientifiques à la sortie du lycée car j’étais à l’aise dans les matières scientifiques, je souhaitais obtenir une école d’ingénieur généraliste, et c’est un stage en construction sur un chantier qui m’a donné envie de poursuivre dans cette voie. L’aspect très concret de ce métier m’a beaucoup plu, le travail en équipe, la rencontre de personnes toutes très différentes travaillant ensemble dans un objectif commun, la définition même de construire quelque chose, un bâtiment, une Ville, sont des éléments qui m’ont passionnés.

Au quotidien, avez-vous l’impression d’être une « femme dans un métier d’homme » ?

Pas vraiment non. Je suis consciente qu’il faut être assez dure pour faire ce métier, il faut savoir se faire respecter et mener des équipes, mais je suis certaine que je ne fais pas spécifiquement un métier d’homme.

Avez-vous déjà entendu une réflexion déplacée à votre encontre ?

Non je ne crois pas avoir entendu des réflexions déplacées à mon encontre, quelques commentaires que l’on n’aurait pas fait à un homme sans doute, mais qui ne m’ont pas vraiment marqués.

Quelles sont les valeurs qui vous définissent ?

Je pense être rigoureuse, j’aime aller au bout des choses et ne rien laisser de côté, je travaille dans la confiance avec mes équipes, et par-dessus tout, je suis passionnée par mon métier !

Previous post

APEC : Indice mensuel de diffusion des offres cadres sur internet (mars 2015)

Next post

Apprendre à mettre en avant son savoir-faire !