Pour tous les jeunes, la recherche du premier emploi est très fortement investie, et anxiogène car vécue comme décisive pour l’ensemble de la vie profession- nelle future. Ils semblent convaincus que la qualité de leur premier emploi est de nature à déterminer durablement le succès ou l’échec de leur carrière. Ainsi posé, l’enjeu – peut-être surévalué – entraîne des attentes extrêmement fortes.

Le besoin de formation est fortement ressenti

Les jeunes, notamment les étudiants, sont conscients que le passage dans le monde professionnel va mettre au jour un écart entre théorie et pratique. Ils comptent donc sur la possibilité de compléter leur capital de compétences grâce aux différentes formes de formation dont ils pourront bénéficier dans l’entre- prise. En particulier, ils sont très demandeurs d’un accompagnement par des personnes expérimentées, dans un environnement bienveillant, qui leur permet- tra de finaliser leur formation d’une façon adaptée au poste qu’ils auront à occuper. Chez les étudiants, un encadrement plus formalisé est attendu, tandis que les jeunes diplômés voient cet accompagnement comme une forme souple de tutorat. Ces derniers, conscients d’avoir désormais de vraies responsabilités et de devoir démontrer leurs compétences en conditions réelles, ont tout de même besoin d’être rassurés sur le fait que leur statut de débutant sera pris en compte.

Or, ces jeunes sont impatients et exigeants. Ils at- tendent de leurs futurs employeurs de la reconnais- sance, des évolutions rapides, des perspectives à plus long terme, et ne craignent pas de se montrer mobiles s’ils n’obtiennent pas satisfaction. L’adéquation de ce qui leur est offert dans leur premier emploi – qu’il s’agisse de formation ou d’autres aspects – avec leurs besoins et attentes est donc un point important.

Des attentes fortes mais contrastées sont exprimées

Pour les jeunes sur le point de débuter leur vie professionnelle, ou venant de commencer celle-ci, l’objec- tif, au-delà de la seule réussite de leur carrière, est de trouver un environnement dans lequel ils puissent vivre au mieux sans sentir peser sur eux la contrainte de relations ou d’organisations qui ne leur convien- draient pas. Pour eux, il ne semble pas y avoir de compromis possible entre leur individualité, leur per- sonnalité au sein de leur travail et en dehors : l’idéal de réalisation de soi domine largement.

Et pourtant, dans le même temps, ils expriment les mêmes fortes attentes de garanties sur leur avenir professionnel que les générations précédentes : for- mations, politique de mobilité, perspectives de car- rière, voire statut conféré par le fait de travailler dans une entreprise dotée d’une forte notoriété. La recon- naissance financière et symbolique est également fortement mise en avant.

Les représentations du monde professionnel évoluent dès que les diplômés sont amenés à les confronter avec la réalité. Le premier choix d’employeur s’opère alors le plus souvent, non pas par rapport à la taille de l’entreprise, mais plutôt par opportunité, l’impéra- tif étant d’abord de décrocher un premier emploi. Les premières expériences dans des grandes entreprises et/ou des PME apportent des satisfactions, mais aussi des premières déceptions, et cela amène à réviser ses attentes et ambitions, à se poser des questions pour trouver sa vraie voie.

Choisir une grande entreprise découle d’un besoin de réassurance et de repères dans un cadre structuré

Les jeunes qui se tournent plutôt vers une grande entreprise le font pour l’importance du statut de l’entreprise et l’idée d’une sécurité à long terme. En effet, cette option permettra, pensent-ils, de sécuriser leur début de carrière et de minimiser les risques d’une erreur de parcours. Chez ces jeunes, les PME suscitent plutôt la crainte de ne pas avoir un poste précis permettant le développement de leurs compé- tences professionnelles, et de manquer de perspectives d’évolution pour envisager les étapes suivantes. Ils préfèrent alors s’en remettre à une grande entre- prise pour se garantir un avenir à long terme, une progression bien cadrée, et mettre sur leur CV une première référence valorisante en soi, à même de rassurer les futurs employeurs.

Le choix d’une PME répond à un besoin d’in- dépendance et d’autonomie dans une structure souple

À l’inverse, opter pour les PME est motivé par un désir de réalisation de soi au travers du travail. Cette démarche est vue comme plus respectueuse des va- leurs personnelles et du sens donné à l’activité pro- fessionnelle. C’est dans ces structures que les jeunes diplômés ont le sentiment de pouvoir être le plus directement utiles, d’être reconnus pour ce qu’ils peuvent apporter, de participer de façon active à un projet et d’en profiter comme d’un tremplin pour accumuler une expérience riche et variée.

Cependant, ce choix est aussi vu comme plus risqué, car il oblige à construire soi-même son parcours pro- fessionnel, dans un environnement moins stable. Les étudiants rétifs aux PME semblent d’ailleurs particulièrement inquiets sur la possibilité d’y trouver de bonnes conditions d’emploi pour leur premier poste.

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