L’APEC vient de publier son baromètre de l’emploi des cadres en France basé sur un sondage auprès de 1.000 cadres. Et le sondage montre que le moral des cadres n’a pas évolué depuis 6 mois.


La situation économique reste préoccupante pour 2/3 des cadres.
L’atonie et l’incertitude qui caractérisent la croissance économique française depuis plusieurs semestres sont ressenties de manière prégnante par les cadres. Ces derniers attribuent une note moyenne de 4,2 sur 10 à la situation économique actuelle, à un niveau comparable à celui mesuré un an auparavant.

Le scepticisme qui entoure le contexte économique actuel est partagé par les deux tiers des cadres qui donnent une note comprise entre 1 et 4, soit une proportion similaire à celle enregistrée en décembre 2012. Si, dans le même temps, la part des cadres ayant une appréciation favorable sur la situation économique globale (note de 6 et plus) reste minoritaire (22 %), elle est toutefois en progression sur un an (+ 3 points). Les signes d’inquiétude restent particulièrement prononcés chez les cadres quadragénaires avec près de 70 % des 45 à 49 ans attribuant un note basse (comprise entre 1 et 4) contre 55 % des moins de 30 ans. Les cadres de la fonction commerciale, marketing, les plus en prise avec le terrain et les réalités économiques des entreprises, semblent particulièrement inquiets : 69 % d’entre eux jugent la situation économique préoccupante avec des notes oscillant entre 1 et 4.

Un peu moins d’entreprises sont en difficulté selon les cadres.
Plus de quatre cadres sur dix considèrent que leur entreprise n’est ni concernée par des difficultés économiques, ni engagée dans une phase de développement, une proportion en légère progression par rapport à décembre 2012 (+2 points). Cette situation de stabilité (ni dégradation, ni amélioration sur le plan économique) rassemble la plus forte proportion de cadres depuis plusieurs semestres désormais.

Petite lueur d’éclaircie, la part des cadres estimant que leur entreprise est en difficulté sur le plan économique (28 %) est en retrait de 3 points par rapport à l’année précédente à la même période (31 %). En revanche, s’agissant de la part des cadres dont l’entreprise connait une phase de développement économique (28 %), c’est le statu quo qui domine d’une année à l’autre. Si, comme on peut le constater, les avis sont très partagés, le jugement des cadres se différencie selon les caractéristiques de leur entreprise. Ainsi, les cadres en poste dans les secteurs du commerce et des transports sont les plus nombreux, en proportion, à estimer que leur entreprise est en difficulté (34 %).

La situation semble, en revanche, plus favorable dans la sphère des services où seulement un quart des cadres considère que leur entreprise est confrontée à des difficultés économiques (contre 28 % pour l’ensemble des cadres). L’opinion des cadres peut également varier selon la fonction considérée. Ainsi dans la fonction commercial, marketing, les avis sont partagés : un tiers des cadres en poste affirment que leur entreprise est en difficulté alors qu’ils sont presque aussi nombreux à estimer que leur structure est en phase de développement (31 %).

Selon les cadres, recrutements et licenciements de cadres ont progressé au cours des 6 derniers mois.
Les questions concernant les licenciements et les recrutements de cadres au cours du semestre écoulé n’ont pas pour but d’établir une quantification mais elles visent, en revanche, à déterminer une tendance.
Ainsi, 65 % des cadres interrogés affirment que leur entreprise a procédé à des recrutements de cadres au cours des six derniers mois, soit deux points de plus qu’il y un an à la même période. Toutefois, dans le même temps, une proportion identique de cadres (65 %) déclare que leur entreprise a été contrainte de se séparer de cadres, une part en hausse de six points par rapport à l’enquête de décembre 2012 (59 %).
Cette progression concerne principalement les licenciements ou départs négociés qui se sont accompagnés de recrutements. La situation reste donc préoccupante d’autant que, dans le même temps, la part de cadres indiquant que leur entreprise a recruté sans licencier par ailleurs est en recul de trois points.

58 % des cadres sont optimistes pour leur avenir professionnel.
Si les cadres restent majoritairement optimistes (58 %) quant à leur avenir professionnel, cette proportion ne progresse pas voire s’inscrit en léger retrait sur un an (- 1 point). Le contexte économique global toujours pesant et l’absence de franche éclaircie s’agissant de la situation de leur entreprise semblent inciter les cadres à une certaine prudence.

La propension des cadres à être optimistes quant à leur avenir professionnel varie selon leur profil. Leur âge apparait, à ce titre, déterminant. Plus les cadres sont jeunes et plus leur optimisme s’accroit : 69 % des cadres de moins de 30 ans affichent leur optimisme contre 50 % de ceux âgés de 50 à 54 ans. De la même manière, les hommes cadres font preuve de plus d’optimisme que leurs homologues féminins (respectivement 59 % et 55 %). Si des différences notables peuvent également être mises à jour lorsque l’on considère leur fonction, ces dernières sont également fortement liées à l’âge. Ainsi, les cadres en poste dans le commercial, marketing, en moyenne plus âgés que l’ensemble des cadres, sont bien moins optimistes (51 %) que ceux appartenant à la fonction études et R&D (67 %), en moyenne plus jeunes que l’ensemble des cadres.

La satisfaction des cadres demeure élevée.
Un effritement de la satisfaction est toutefois observé sur certains aspects de la vie professionnelle. Si les cadres se déclarent, à une très large majorité, satisfaits de l’intérêt de leur travail (73 %), ce taux de satisfaction perd un point en un an. Le constat est similaire pour les relations avec le hiérarchique, aspect qui recueille 63 % de cadres satisfaits mais qui s’inscrit également en retrait par rapport à décembre 2012 (- 2 points).

La satisfaction liée à la charge de travail déroge à la règle en progressant d’un point avec 56 % de cadres satisfaits. Enfin, les cadres se montrent toujours assez critiques vis- à- vis de la politique RH de leur entreprise avec seulement 37 % de cadres satisfaits,proportion en baisse de 3 points sur un an.

Pour les cadres, les perspectives d’évolution n’ont pas bougé.
C’est pour leur évolution de carrière que les cadres ont le plus fréquemment des anticipations positives : cela concerne 35 % d’entre eux, contre 27 % pour la rémunération et 26 % pour les conditions de travail.
Ainsi, comme lors des précédentes vagues, plus d’un tiers des cadres considèrent que leurs perspectives de carrière vont connaitre une évolution positive.

S’agissant de leur rémunération, l’évolution est un peu plus
marquée avec une progression de 3 points de la part des cadres n’envisageant aucun changement alors que la proportion de ceux anticipant une évolution positive est en léger retrait sur un an (-2 points). Enfin, c’est le statu quo en ce qui concerne les conditions de travail : comme en décembre 2012, 43 % des cadres estiment qu’elles vont se détériorer contre 26 % qui prévoient une évolution positive.

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