Prévu par la Loi Macron, le prêt entre entreprises va enfin pouvoir voir le jour puisque le décret d’application vient d’être publié au Journal Officiel. Toutefois, sous certaines conditions. Explications.

Le prêt inter-entreprises est arrivé !

Prévu à l’article 167 de la Loi Macron, le prêt inter-entreprises est désormais possible et constitue une nouvelle brèche dans le monopole bancaire. Ce prêt permet aux entreprises de réaliser des opérations de financement entre elles, sans passer par les banques. Le but : permettre à une entreprise qui aurait une trésorerie excédentaire de prêter à un fournisseur ou à un sous-traitant sans passer par le système bancaire. Ainsi, selon Jean-Christophe Fromantin, le député-maire de Neuilly « Beaucoup d’entreprises font faillite, non faute de commandes, mais faute de trésorerie ». D’autre part, d’après le dernier baromètre du cabinet ARC : 67% des entreprises notent un désengagement des banques vis-à-vis des PME depuis 2008.

Des conditions strictes

Dès lors, un sous-traitant pourra donc emprunter auprès d’un de ses clients qui serait une grande entreprise. Celle-ci pourrait avoir intérêt à financer une partie des investissements de ses clients PME pour assurer ses propres débouchés commerciaux. Il faudra quand même respecter des conditions très strictes :

  • L’échéance du prêt ne pourra pas excéder deux ans.
  • Les entreprises réalisant une opération de prêt entre elles devront préalablement entretenir un lien économique.
  • L’entreprise emprunteuse ne pourra être qu’une TPE, PME ou ETI: il s’agit de réserver ce nouveau canal de financement aux entreprises ayant le plus de difficultés à se financer.

Les PME craignent toutefois d’autres retombées comme par exemple de voir s’accentuer « le rapport de force sur les délais de paiement. ». L’engouement pour le prêt inter-entreprises reste pour le moment limité et seules 13% des sociétés envisagent de solliciter un tel prêt.

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