L’Institut Montaigne est un laboratoire d’idées – think tank – créé fin 2000 par Claude Bébéar et dirigé par Laurent Bigorgne.

L’Institut Montaigne réunit des chefs d’entreprise, des hauts fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile issus des horizons et des expériences les plus variés.
Il concentre ses travaux sur quatre axes de recherche :

  1. Cohésion sociale (école primaire, enseignement supérieur, emploi des jeunes et des seniors, modernisation du dialogue social, diversité et égalité des chances, logement)
  2. Modernisation de l’action publique (réforme des retraites, justice, santé)
  3. Compétitivité (création d’entreprise, énergie pays émergents, financement des entreprises, propriété intellectuelle, transports)
  4. Finances publiques (fiscalité, protection sociale)

L’Institut Montaigne a publié ce matin son rapport « Temps de travail : mettre fin aux blocages ».

Dans ce rapport, L’Institut Montaigne écrit que la France possède une durée du travail parmi les plus faibles d’Europe. Ainsi, la durée effective annuelle de travail de ces salariés, qui représentent plus de 80 % du salariat, est en France parmi les plus faibles de tous les pays européens. Cette faible durée effective annuelle s’explique par une durée hebdomadaire habituelle de travail des salariés à temps complet inférieure à celle de nos voisins (38,9 heures en moyenne en France contre 40,3 heures en Espagne ou 42,7 heures au Royaume-Uni), mais surtout par un nombre cumulé de congés, jours fériés et jours liés à la réduction du temps de travail (RTT) très important ainsi qu’un absentéisme pour maladie marqué. Enfin, la France fait partie des pays où l’âge effectif de départ à la retraite est le plus bas : avec un âge effectif moyen de départ à la retraite avoisinant les 60 ans sur la période 2007-2012, les Français achèvent leur vie professionnelle entre trois et quatre ans plus tôt que la moyenne des pays de l’OCDE.

 

D’après l’enquête sur la main d’œuvre et la structure des salaires (enquête ECMOSS), le coût de l’heure de travail était ainsi de 35,7 euros en France au quatrième trimestre 2013, contre 32,9 euros en Allemagne, 29,2 euros en moyenne dans la zone euro et 21,6 euros au Royaume-Uni.

 

L’Institut Montaigne recommande donc une hausse du nombre d’heures travaillées sans compensation salariale, en permettant à la fois une baisse du coût du travail et une hausse de la production, pour permettre de créer un véritable choc de compétitivité en France, avec deux scénarios pour le privé: augmenter la durée légale du travail à une durée comprise entre 38 et 40 heures par semaine (contre 35h actuellement) ou carrément « supprimer la durée légale du travail », qui serait désormais fixée « par accords collectifs de branche ou d’entreprise ». L’Institut précise qu’ »en cas d’absence d’accord, la décision unilatérale du chef d’entreprise » devrait être autorisée.

Pour le public, l’Institut propose là aussi de relever le seuil déclenchant des heures supplémentaires entre 38 et 40 heures par semaine, avec une absence de « compensation salariale » pendant une période qui pourrait durer trois ans.

En matière de lutte contre l’absentéisme, il préconise de restaurer le jour de carence (non indemnisé) dans la fonction publique, créé en 2011 et supprimé par le gouvernement Hollande ou de donner aux cadres intermédiaires plus de moyens de contrôle avec par exemple une « généralisation des badgeuses ».
Face à la crise et au nombre de chômeurs en France, il apparaît que la compétitivité des entreprises françaises est au coeur des sujets de réflexion et donc le temps de travail des salariés du secteur privé et du secteur public.

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