À compter d’aujourd’hui, les particuliers peuvent changer de banque plus facilement et c’est à l’établissement choisi de s’occuper des démarches administratives.

Une mesure de la loi Macron

Pour intégrer un nouvel établissement, il suffira désormais pour le client de missionner la banque de son choix. Celle-ci contactera l’ancienne pour effectuer le changement de domiciliation des prélèvements et virements et ce dans un délai de 22 jours ouvrés. «Le fait que le changement de domiciliation soit automatique et qu’il soit assorti d’un délai est une réelle avancée», estime Matthieu Robin chez UFC-Que choisir. Jusqu’à maintenant c’était au client de transmettre ses données (prélèvements, virements…) à son nouvel établissement, ce qui n’est également plus le cas à partir d’aujourd’hui.

D’autre part, cette mesure de la loi Macron va obliger les banques à signifier aux clients l’arrivée d’un chèque ou tout autre paiement sur un compte clôturé. Auparavant, 250.000 à 450.000 chèques étaient rejetés chaque année parce que le compte ne fonctionnait plus. De plus, ces incidents touchent près de 15 % des Français qui changent de banque. Selon une étude OpinionWay pour Boursorama, une personne sur quatre estime d’ailleurs que changer de banque est «risqué» et redoute des erreurs.

Cela explique que seuls 4,3 % des Français ont changé de banque entre 2015 et 2016, selon une étude réalisée en novembre par le cabinet Bain & Company. C’est deux fois moins que la moyenne européenne et quatre fois moins que pour l’assurance-automobile ou l’assurance-santé.

Des clients non satisfaits mais frileux

Les Français sont-ils particulièrement satisfaits de leur banque pour autant? Pas forcément. Selon l’étude de Bain, ils seraient plus nombreux à dire du mal de leur établissement qu’à le recommander. Toutes les études récentes montrent qu’une proportion significative de particuliers (12 à 25 %) envisage de changer de banque grâce à la loi Macron. Les plus susceptibles de franchir le pas sont les clients les plus jeunes et les plus aisés, souvent multibancarisés.

D’autre part, cela ne va pas forcément inciter les personnes à changer systématiquement de banque car «les consommateurs sont assez frileux lorsqu’il s’agit de changer d’établissement et restent attachés à leur banque principale. Ils ont l’impression que la banque B propose plus ou moins la même chose que la banque A», explique Daniel Pion, associé banque de détail chez Deloitte. Selon une étude du cabinet, même si les particuliers se rendent de moins en moins dans leur agence, la première raison qui justifie le choix d’une banque plutôt qu’une autre est… la proximité du domicile.

En ce qui concerne les jeunes, ils sont 40 % à choisir la banque de leurs parents! «Est-ce que la loi Macron va changer la donne du tout au tout, je ne pense pas», analyse le consultant. Lorsqu’il s’agit de juger leur établissement, les clients sont d’abord attentifs à la qualité du service et à la compétence de leur conseiller, plutôt qu’aux tarifs, pourtant plus faciles à comparer.

 

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