Si les jeunes diplômés jugent les grandes entreprises attractives, c’est avant tout pour des motifs rationnels et concrets. Ils sont convaincus qu’une grande entreprise, dotée d’une forte notoriété, constitue un meilleur tremplin pour leur future carrière, mais ils apparaissent détachés et sans passion face à un modèle d’entreprise qui ne les fait pas toujours rêver. La grande entreprise apparaît alors plutôt comme un choix par défaut, permettant de sécuriser un début de parcours et de s’assurer une meilleure employabilité pour la suite.

Les PME attirent pour des motifs plus émotionnels

Par contraste, les PME attirent pour des motifs plus émotionnels, personnels, structurés autour de l’utilité, du sens et des valeurs. Les représentations autour d’elles sont globalement positives : tout y est vu comme plus souple, plus humain et plus valorisant.
Cependant, dans la perspective d’une première expérience professionnelle, elles pâtissent de leur faible notoriété, qui implique tant une moindre accessibilité de leurs opportunités d’emploi qu’une image socialement moins valorisante. Surtout, le principal point de faiblesse – voire de blocage – est la question de l’insécurité professionnelle, à laquelle les jeunes diplômés s’avèrent très sen- sibles : les PME n’offrent pas de trajectoire bien définie, et les perspectives d’évolution y appa- raissent limitées. De plus, la réalité peut parfois venir bousculer les représentations idéalisées, lorsque la désorganisation remplace la souplesse, lorsque l’autonomie devient polyvalence (syno- nyme de perte de compétences) ou lorsque l’ambiance devient pesante.

L’enquête quantitative annuelle de l’Apec qui interroge 2 ans après leur diplôme des jeunes diplômés ayant obtenu un diplôme de niveau Bac +5 ou plus fournit quelques éléments chiffrés sur la relation entre ces jeunes et les petites et moyennes entreprises (PME), définies ici comme les entreprises privées comptant moins de 250 salariés.

Pour eux, avoir eu déjà contact avec au moins une PME n’est pas rare : 48 % déclarent y avoir déjà travaillé, tandis que 44 % des diplômés en poste ont un emploi dans une PME au moment de l’enquête. Ils sont plus nombreux à avoir déjà eu un poste dans une grande entreprise (62 %) ou à y être en emploi lors de l’enquête (66 % des diplômés en emploi).

Par rapport à ceux des grandes entreprises, les jeunes diplômés en emploi dans les PME ne se différencient pas de façon notable sur la plupart des aspects, qu’il s’agisse de l’âge, du type de formation, du contrat de travail… Cependant ils constituent une population plus féminisée et plus mobile. Enfin, ils s’avèrent être nettement moins nombreux, en proportion, à occuper des postes cadres.

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