L’APEC a interrogé 3000 cadres en France sur leur mobilité professionnelle en 2013. Il en ressort que le marché du recrutement des cadres s’est essoufflé.

Le marché du recrutement des cadres s’est essoufflé

Pour la seconde année consécutive, la croissance économique hexagonale a été très faible en 2013. Ses principaux moteurs, notamment l’investissement, se sont avérés peu dynamiques pour la soutenir. Dans ce contexte délicat, les destructions d’emplois salariés ont été nombreuses dans la sphère marchande notamment dans l’industrie. Même s’il fait toujours preuve de résistance, le marché de l’emploi cadre s’est toute-fois essoufflé, en 2013, avec un volume de recrutements réalisés par les entreprises s’établissant à 163 400 soit un recul de 10 % sur un an. Les entre- prises se sont également montrées frileuses en interne avec des promotions internes au statut de cadre orientées à la baisse (-10 %). Les sorties (démissions, licenciements, retraites) ont, enregistré une légère progression de 1 % sur un an. Au final, le nombre d’emplois cadres créés a sensiblement diminué passant de 38 400 postes créés en 2012 à 14 700 en 2013.

Le taux de mobilité externe enregistre une baisse

En lien avec la conjoncture économique défavorable, le taux de mobilité externe s’inscrit en retrait avec 6 % des cadres ayant changé d’entreprise en 2013 (contre 7 % en 2012). Cette baisse s’accompagne également de circonstances de changement nettement moins favorables. Seulement 59 % des cadres ayant connu une mobilité externe ont changé d’entreprise sans connaître de période de chômage, contre 67 % un an auparavant. Moins à l’initiative de leur départ, les cadres ayant quitté leur entreprise ont dû, dans de nombreux cas, composer avec leur employeur dans le cadre d’une rupture conventionnelle (19 % contre 12 % en 2012), alors que les démissions, en théorie à l’initiative des cadres, reculaient fortement (37 % contre 50 % en 2012).

Le taux de mobilité interne est stable

18 %, c’est la part des cadres en poste ayant connu une mobilité interne en 2013, soit une proportion quasi stable sur un an. La mobilité interne recouvre différents types de changement. En effet, les cadres concernés ont pu connaitre un changement de service, de département ou d’établissement. D’autres, encore, ont déclaré que leur poste avait « changé en grande partie ». Enfin certains cadres ont connu un change- ment de poste stricto sensu (une nouvelle fonction, de nouvelles responsabilités, une promotion hiérarchique…). Ces derniers représentent 8 % des cadres en poste et sont dans les deux tiers des cas à l’initiative de ce changement, une part qui s’est renforcée sur un an (+ 6 points).
À noter que les taux de mobilité interne comme ex- terne sont similaires selon le genre.

Quatre cadres sur dix n’ayant pas changé d’entreprise sont néanmoins engagés dans la recherche d’emploi

Une partie des cadres qui sont restés dans la même entreprise en 2013 ont néanmoins été à la recherche d’un nouvel emploi. Ainsi, 42 % d’entre eux ont entre- pris des démarches actives, notamment par l’envoi de candidatures, et 34 % sont restés en veille sur le marché de l’emploi, par exemple en regardant les petites annonces ou en déposant leur CV sur une CVthèque. Les cadres les plus jeunes, qui sont également les plus mobiles, se sont plus souvent engagés dans des démarches actives de recherche d’un nouveau poste (un cadre sur deux âgé de moins de 30 ans parmi les cadres qui sont restés dans la même entreprise en 2013). À l’inverse, plus du tiers des cadres âgés de 50 ans et plus n’ont entrepris aucune démarche dans le courant de l’année et ne sont pas en veille sur le marché de l’emploi.

Près des trois quarts des cadres se montrent confiants dans leur avenir professionnel

Interrogés sur leur avenir professionnel, que ce soit dans l’entreprise actuelle ou dans une nouvelle entreprise, 72 % des cadres se déclarent confiants, un ni- veau stable par rapport à l’année précédente. Les cadres qui ont connu une mobilité dans le courant de l’année 2013 sont ceux qui sont les plus confiants dans leur avenir : 77 % chez les cadres qui ont changé de poste en interne et 79 % chez les cadres qui ont changé d’entreprise.
D’autre part, malgré une conjoncture économique peu favorable, moins d’un quart des cadres se sentent menacés par le chômage dans un avenir proche. Plus leur entreprise est petite, plus les cadres expriment cette menace : 29 % citent cette menace dans les entreprises de moins de 50 salariés, contre 16 % dans les entreprises de 1 000 salariés et plus.

Effectuer une mobilité professionnelle est envisagé par deux tiers des cadres

En 2014, 41 % des cadres songent à changer d’entre- prise dans les trois ans à venir et 11 % à en créer une. Ces intentions de mobilité externe sont stables d’une année sur l’autre. 45 % des cadres envisagent de changer de poste dans leur entreprise, une proportion en baisse de 3 points. Changer de poste en interne de- meure néanmoins le projet de mobilité le plus souvent souhaité par les cadres.

Les intentions de mobilité varient selon le profil des cadres…

La courbe des intentions de mobilité évolue inverse- ment à celle de l’âge. Ainsi, 59 % des cadres de moins de 30 ans envisagent de changer d’entreprise contre seulement 21 % des cadres de 50 ans et plus. En outre, l’écart entre les taux d’intention de mobilité interne et externe diffère aussi selon l’âge des cadres. Si les plus jeunes optent plus souvent pour un changement d’entreprise plutôt que pour un changement de poste, le rapport s’inverse après 30 ans et cet écart en faveur de la mobilité interne s’accroit au fil des âges.


… et les caractéristiques de l’entreprise

À l’évidence, les opportunités de mobilité interne sont plus nombreuses dans les grandes structures que dans les petites. Aussi, la part de cadres pensant changer de poste dans la même entreprise augmente avec la taille de celle-ci, pour culminer à 61 % d’intentions de mobilité interne au sein des entreprises de 1 000 salariés et plus. À l’inverse, la part de cadres envisageant de changer d’entreprise est beaucoup plus faible dans ces grandes entreprises que dans des structures de taille plus restreinte.


La recherche d’une situation plus favorable explique les intentions de mobilité

L’impossibilité d’évoluer dans l’entreprise actuelle est le premier motif invoqué par les cadres désirant changer d’entreprise, et ce quelle que soit la tranche d’âge. Il s’agirait donc, pour les 21 % de cadres concernés, plutôt d’une mobilité envisagée par défaut. Par ail- leurs, 16 % des cadres déclarent vouloir changer d’entreprise afin de découvrir d’autres horizons.
Les cadres potentiellement mobiles en interne semblent guidés par la volonté de faire évoluer leur carrière professionnelle puisqu’ils expliquent davantage ce projet par l’envie de développer de nouvelles compétences, d’augmenter leur salaire, ou encore d’avoir plus de responsabilités.


La création d’entreprise s’accompagne fréquemment d’un autre projet de mobilité

Parmi les différents souhaits de mobilité professionnelle possibles, seuls 2 % des cadres ont évoqué uniquement la création d’entreprise. Les autres cadres intéressés par la création d’entreprise déclarent conjointement l’envie de changer de poste dans leur entreprise et/ou de changer d’entreprise, ce qui laisse supposer un projet d’évolution professionnelle moins précis.


Un quart des cadres souhaite changer de métier dans les trois ans à venir

La mobilité étant le moyen d’effectuer une reconversion professionnelle, 73 % des cadres qui souhaitent changer de métier envisagent parallèlement de changer d’entreprise, 61 % envisagent de changer de poste et 27 % pensent à créer leur entreprise.

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