En moyenne, Les Français perçoivent un salaire horaire de 17,3 euros bruts

En 2014, dans les entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs privé et public, le salaire horaire moyen est de 17,3 euros bruts (hors éléments variables de rémunération), avec un Smic horaire de 9,53 euros bruts cette année-là (source INSEE). Le salaire horaire habituel moyen est très variable selon les caractéristiques des salariés et du poste qu’ils occupent. En effet, il augmente avec l’âge, le niveau de diplôme ou encore l’ancienneté des salariés. Il est également plus élevé pour les hommes, les salariés en contrat à durée indéterminée, travaillant à temps complet, dans des entreprises de grande taille, situées en Île-de-France. Ainsi, un salarié cumulant l’ensemble de ces caractéristiques gagne en moyenne 23,9 euros bruts par heure.

Des écarts surtout liés à la catégorie socioprofessionnelle et au diplôme

Les salaires horaires sont particulièrement dispersés selon la catégorie socioprofessionnelle des salariés. Ils vont de 13,3 euros pour les ouvriers et les employés à 45,8 euros pour les chefs d’entreprise salariés . L’écart de 244 % entre ces catégories aux deux extrêmes reste encore très élevé (127 %) lorsque l’on tient compte des effets liés aux autres variables (c’est-à-dire à âge, sexe, diplôme, type de contrat, temps de travail, ancienneté dans l’entreprise, secteur d’activité, secteur privé ou public, localisation et taille de l’entreprise identiques). Pour les autres catégories socioprofessionnelles (cadres, professions intermédiaires), les écarts de salaire avec les employés et les ouvriers sont nettement plus réduits, une fois l’effet des autres variables neutralisé.

Le plus haut diplôme obtenu est également un déterminant important du salaire. Un salarié possédant un diplôme de l’enseignement supérieur de niveau Bac+5 ou plus perçoit un salaire horaire moyen de 26,3 euros, contre 14,9 euros pour un salarié ayant un baccalauréat ou un niveau baccalauréat. Cet écart de salaire de 77 % se réduit cependant à 24 % lorsque l’on tient compte des autres variables.

Des salaires horaires qui augmentent avec l’âge et l’ancienneté

Les salaires horaires augmentent continûment avec l’âge des salariés, puisqu’ils vont de 13,2 euros en moyenne pour les moins de 30 ans à 22,1 euros pour les 60 ans ou plus. Cela reflète le lien entre l’âge et l’expérience, mais aussi avec d’autres variables, notamment le diplôme. En effet, les bas salaires sont surreprésentés chez les moins de 30 ans, car les plus diplômés d’entre eux (potentiellement mieux rémunérés) ne sont pas encore tous entrés sur le marché du travail. À l’inverse, les salariés encore en emploi au-delà de 60 ans sont généralement plus diplômés que la moyenne et donc mieux rémunérés. Une partie de cet écart entre catégories d’âge disparaît ainsi en neutralisant l’effet des autres variables : l’écart entre les salariés de moins de 30 ans et ceux de 60 ans ou plus passe en effet de 50 % à 23 % en moyenne. Aux âges intermédiaires, les salaires horaires sont compris entre 16,3 euros de 30 à 39 ans et 19,1 euros de 55 à 59 ans. La progression est donc moins forte, d’autant plus que les écarts de salaire disparaissent quasiment, en contrôlant l’effet des autres variables.

Par ailleurs, les salaires horaires augmentent également avec l’ancienneté des salariés dans leur entreprise, mais de façon moins marquée. L’ancienneté, comme l’âge du salarié, a un pouvoir explicatif des écarts salariaux essentiellement en début et en fin de carrière.

Un salaire horaire féminin plus faible

En 2014, les femmes ont un salaire horaire moyen de 15,8 euros, inférieur de 16 % à celui des hommes (18,8 euros). Cet écart se réduit à 9 %, en tenant compte des autres variables et en particulier du fait que les femmes travaillent plus souvent dans des catégories socioprofessionnelles et des secteurs d’activité moins rémunérateurs. Cet écart « toutes choses égales par ailleurs » ne s’interprète pas comme un indicateur de discrimination salariale, car, d’une part, certains facteurs ne sont pas observables et, d’autre part, l’écart ne prend pas en compte l’ensemble des dimensions de la discrimination, comme l’accès inégal à des postes d’encadrement.

En outre, ces écarts de salaire femmes-hommes croissent avec l’âge, ce qui peut traduire une moindre valorisation de l’expérience des femmes ou l’effet des interruptions de carrière plus nombreuses pour les femmes avant 40 ans.

Des écarts apparemment élevés par secteur d’activité

Les salaires horaires dépendent aussi du secteur d’activité de l’entreprise employeuse et du type d’emploi occupé par les salariés. Les écarts sont importants entre les secteurs les plus rémunérateurs en moyenne, comme les services financiers (23,9 euros) ou l’information et la communication (23,3 euros) et les secteurs les moins rémunérateurs, comme l’hébergement et la restauration (13,3 euros). Pour autant, le secteur d’activité explique assez peu les écarts salariaux, puisque ceux-ci s’atténuent nettement lorsque l’on tient compte de l’effet des caractéristiques du salarié, du poste et des autres caractéristiques de l’entreprise. Le secteur de l’enseignement fait figure d’exception avec un salaire horaire moyen plus élevé (18,9 euros) qu’en moyenne, mais un salaire « toutes choses égales par ailleurs » plus faible.

Au-delà du salaire horaire habituel, l’importance des éléments variables de rémunération

De plus, les salariés peuvent également percevoir des éléments de rémunération supplémentaires, comme des primes occasionnelles ou irrégulières, des avantages en nature, de l’épargne salariale (intéressement, participation ou abondement) ainsi que d’autres éléments n’ayant pas caractère de salaire, comme des indemnités de licenciement, de chômage partiel ou encore des rachats de jours sur un compte épargne-temps (CET). Ces éléments peuvent être significatifs dans la rémunération. Ils bénéficient à deux tiers des salariés, qui perçoivent alors en moyenne 4 041 euros par an. Ces éléments variables ne sont pas pris en compte dans le calcul du salaire habituel, mais peuvent également contribuer aux écarts de rémunération.

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