Le nombre de créations d’entreprises classiques à son plus haut niveau jamais mesuré

En 2017, dans l’ensemble de l’économie marchande hors secteur agricole, 591 000 entreprises ont été créées, soit 37 000 de plus qu’en 2016 (source INSEE). Le nombre total de créations d’entreprises augmente ainsi de 7 % et atteint son niveau le plus haut depuis 2010.

Cette hausse est notamment due au redressement des immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur. Celles-ci augmentent de 9 % en 2017, soit 19 000 immatriculations supplémentaires, après une légère baisse en 2016 (– 0,3 %) et un fort recul en 2015 (– 21 %). Par ailleurs, le nombre de créations d’entreprises classiques  atteint 349 000 en 2017, soit le plus haut niveau depuis que l’Insee mesure et publie les créations d’entreprises (1987). Il dépasse notamment son niveau de 2008, pour la première fois depuis la mise en place du régime de l’auto-entrepreneur en 2009. En effet, les créations d’entreprises individuelles classiques s’accroissent de 6 % (152 000 en 2017 contre 142 000 en 2016) et celles de sociétés de 5 % (198 000  contre 189 000).

En 2017, la part des micro-entrepreneurs dans le nombre total de créations augmente légèrement (41 % après 40 % en 2016) et celle des sociétés diminue faiblement (33 % après 34 %). Celle des entreprises individuelles classiques reste stable à 26 %.

L’attractivité des sociétés par actions simplifiées se confirme

En 2017, le succès des sociétés par actions simplifiées (SAS) se confirme de nouveau. Les SAS représentent en effet 60 % des créations de sociétés en 2017, après 56 % en 2016, 48 % en 2015 et 39 % en 2014. Au sein de cette catégorie juridique, la hausse est surtout due aux SAS à associé unique ou unipersonnelles (37 % des sociétés créées en 2017, après 33 % en 2016 et 27 % en 2015). Elles atteignent ainsi leur plus haut niveau depuis dix ans (72 500 créations en 2017).

À l’opposé, la part des sociétés à responsabilité limitée (SARL) ne cesse de diminuer : encore majoritaires en 2014 (57 %), elles ne représentent plus que 36 % des sociétés créées en 2017, après 40 % en 2016 et 48 % en 2015.

 

Les activités spécialisées dépassent le commerce pour devenir le premier secteur créateur d’entreprises

En 2017, c’est le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques qui participe le plus à la hausse globale : le nombre de créations y accélère (+ 14 % en 2017 après + 10 % en 2016, soit 12 600 créations de plus). Avec 103 000 nouvelles entreprises en 2017, il représente 17 % de l’ensemble des créations. Il devient ainsi le premier secteur en nombre de créations d’entreprises, devant le commerce (99 000 créations) qui occupait la première place depuis le début des années 2000.

Cet essor s’explique essentiellement par les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion : + 10 100 créations pour atteindre 43 100 créations, soit 7 % de l’ensemble des créations d’entreprises de 2017. Cette hausse est notamment due aux immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur (+ 8 800), en hausse de 44 % par rapport à 2016. Il s’agit de la plus forte augmentation enregistrée dans cette activité depuis l’instauration du régime de l’auto-entrepreneur. En 2017, dans le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques, plus de quatre créations sur dix se font dans l’activité de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion, proportion en hausse depuis 2012. Dans cette activité, une création d’entreprise individuelle sur deux est le fait d’une personne de moins de 30 ans.

 

Hausse des créations dans la quasi-totalité des autres secteurs

Les créations d’entreprises augmentent dans tous les autres secteurs d’activité, hormis dans la construction. Le deuxième secteur contribuant le plus à la hausse globale des créations est celui des transports et de l’entreposage (+ 25 %, soit + 8 300 créations). Les immatriculations de micro-entrepreneurs y augmentent fortement (+ 34 %, soit + 6 100) ainsi que les créations d’entreprises individuelles classiques (+ 72 %, soit + 3 400). En revanche, le nombre de sociétés y diminue (– 12 % en 2017, soit – 1 300). Au sein de ce secteur, le succès des « autres activités de poste et de courrier » se confirme (+ 64 %, soit + 8 700), essentiellement sous forme de micro-entrepreneurs. Cette augmentation est toutefois bien moins forte qu’en 2016 (+ 246 %, soit + 9 600). À l’inverse, les créations dans le transport de voyageurs par taxi (y compris voitures de transport avec chauffeur – VTC) s’essoufflent : elles diminuent pour la première fois depuis 2009 (– 2 %, soit – 200), après deux années de très forte hausse (+ 32 % en 2016 après + 47 % en 2015). Ainsi, le développement des VTC, observé depuis l’application de la loi n° 2014-1104 relative aux taxis et aux VTC de 2014 (loi « Thévenoud »), semble s’atténuer.

Le secteur des activités immobilières est le troisième secteur contribuant le plus à la hausse globale. Les créations y augmentent de 18 % en 2017 (+ 3 400 créations par rapport à 2016). Cette hausse est la plus forte dans ce secteur depuis 2008. Elle s’explique surtout par les activités des agences immobilières (+ 2 000 créations, dont + 1 200 entreprises individuelles classiques et + 700 micro-entrepreneurs) et la location de terrains et d’autres biens immobiliers (+ 800 créations, dont + 600 sociétés).

À l’opposé, la construction est le seul secteur d’activité dans lequel le nombre de créations d’entreprises décroît en 2017, avec 600 créations de moins qu’en 2016 (– 1 %). Cette baisse résulte de la chute des immatriculations de micro-entrepreneurs (– 22 %, soit – 3 600) ; celle-ci n’est pas entièrement compensée par la hausse des créations d’entreprises individuelles classiques (+ 1 700) et de celles de sociétés (+ 1 300).

 

Les créations d’entreprises augmentent dans la quasi-totalité des régions

En 2017, le nombre de créations d’entreprises s’accroît dans toutes les régions, excepté en Martinique et en Guyane. L’Île-de-France contribue pour près de la moitié à l’augmentation globale (+ 16 300 créations, soit une hausse de 10 % par rapport à 2016). Dans cette région, la hausse est due principalement à l’essor des créations dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (+ 7 300), essentiellement dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (+ 6 200 créations, dont + 5 600 de micro-entrepreneurs). Elle s’explique aussi, dans une moindre mesure, par les créations dans les autres activités de poste et de courrier (+ 3 300). Ainsi, en 2017, 59 % des créations des transports et de l’entreposage et 44 % des créations des activités spécialisées, scientifiques et techniques ont lieu en Île-de-France. C’est aussi la région métropolitaine où les créations sont le plus souvent sous le régime du micro-entrepreneur (49 % contre 38 % en province) ou sous forme sociétaire (37 % contre 31 % en province).

Par ailleurs, les créations d’entreprises sont également en nette progression à Mayotte (+ 16 %), en Nouvelle-Aquitaine et en Auvergne-Rhône-Alpes (+ 8 %).

 

Seules 7 % des entreprises classiques sont employeuses au moment de leur création

En 2017, seules 4 % des nouvelles entreprises emploient au moins un salarié au moment de leur création. En excluant les micro-entrepreneurs, la part des entreprises employeuses à la création passe à 7 %. Elle est quasi stable par rapport à 2016.

Hors micro-entrepreneurs, les nouvelles entreprises sont le plus souvent employeuses dans l’hébergement et la restauration (16 %), la construction (11 %) et les « autres services aux ménages » (8 %). À l’opposé, cette proportion est la plus faible dans les activités immobilières (2 %) ainsi que dans les activités financières et d’assurance et l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (3 %).

Comme en 2016, les entreprises employeuses au moment de leur création en 2017 démarrent leur activité avec 2,6 salariés en moyenne. Parmi celles-ci, l’effectif salarié moyen à la création est le plus élevé dans l’industrie (3,5) et le plus bas dans l’information et la communication et les activités immobilières (1,9) ainsi que dans les autres services aux ménages (2,0).

Des créateurs d’entreprises individuelles de plus en plus jeunes

En 2017, l’âge moyen des créateurs d’entreprises individuelles est de 36 ans, contre 37 ans en 2016 et 38 ans en 2015. La part des moins de 30 ans parmi les créateurs d’entreprises individuelles augmente : elle est de 37 % en 2017, contre 35 % en 2016. Elle atteint 50 % dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion. Elle est plus élevée chez les micro-entrepreneurs (51 %) que chez les créateurs d’entreprises individuelles classiques (23 %).

Tous types d’entreprises confondus, le secteur des transports et de l’entreposage reste celui où les créateurs sont les plus jeunes (28 ans en moyenne). Dans l’information et la communication, les créateurs sont également assez jeunes (32 ans en moyenne). À l’inverse, ils sont généralement plus âgés dans l’industrie, les activités immobilières, la construction et les activités administratives et de soutien (39 ans en moyenne).

Quatre créateurs d’entreprises individuelles sur dix sont des femmes

En 2017, les femmes ont créé quatre entreprises individuelles sur dix. Cette proportion est stable depuis 2015, alors qu’elle augmentait progressivement depuis 30 ans (29 % en 1987 et 33 % en 2000). Comme les années précédentes, la part des hommes est la plus élevée dans la construction (98 %), les transports et l’entreposage (94 %) ainsi que l’information et la communication (77 %). À l’opposé, les femmes sont majoritaires dans la santé humaine et l’action sociale (73 %) et les autres services aux ménages (69 %).

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