En France, le salaire net horaire moyen varie du simple au double selon la zone d’emploi. En tête des salariés les mieux payés, ceux des grandes métropoles. Et si, au-delà de la spécialisation économique des territoires, ce n’était pas tant la concentration des activités que celle du savoir qui expliquait ces écarts ?

D’après une note de France Stratégie, plus la part des très diplômés dans la population d’une zone d’emploi est importante, plus les salaires sont élevés, y compris pour les travailleurs les moins qualifiés.

 

Le salaire net horaire moyen diffère fortement d’une zone d’emploi à l’autre en France métropolitaine. Il varie même quasiment du simple au double entre Saint-Flour dans le Cantal (10,4 euros) et Paris (19,1 euros). C’est surtout dans les zones d’emploi des grandes métropoles et de grandes villes que les salaires sont les plus élevés en moyenne. Et ceci est valable même une fois prises en compte les différences de qualification et de catégorie socioprofessionnelle.

Même si elle semble jouer un rôle positif sur les salaires au premier abord, la densité de l’emploi ne suffit pas à expliquer les différences de salaire. Lorsque l’on prend en compte les principales caractéristiques des marchés du travail locaux, son influence disparaît ou devient négative. La concentration des très diplômés dans les populations locales joue en revanche un rôle important sur le niveau des salaires et explique une bonne partie des écarts.

Les zones d’emploi des métropoles de province et du Bassin parisien sont les plus denses en diplômés du supérieur long. Le surcroît de salaire, attribuable à la forte concentration de diplômés dans ces zones par rapport à une zone moyenne, s’élève à environ 4 % pour les cadres et les professions intermédiaires et à 2 % pour les employés.

 

 

 

Conclusion

Les résultats de l’étude soulignent donc que la concentration de diplômés tire les salaires — tous les salaires — à la hausse. Cela tient pour partie aux interactions directes des travail- leurs qualifiés entre eux et avec le reste de la population, qui favoriseraient la diffusion des connaissances et des innovations ainsi que les mécanismes d’apprentissage « sur le tas ». S’ils bénéficient potentiellement à tous, ces effets de type « Silicon Valley » n’expliquent pas toutefois la totalité des gains de salaire et de productivité associés à la présence de diplômés. S’y ajoute probablement un effet de complémentarité entre les travailleurs plus quali- fiés et les moins qualifiés. Ainsi, une forte densité de travailleurs qualifiés peut accroître la demande de services spécifiques — garde d’enfant, restaurants, loisirs et autres prestations — et tirer à la hausse les salaires de ces professions. En outre, une forte densité de travailleurs qualifiés peut induire une progression des prix du foncier, qui par ricochet pousse à la hausse l’ensemble des salaires que les entreprises doivent offrir, y compris à une main-d’œuvre moins qualifiée.

Cela ne veut pas dire pour autant que les salariés ont intérêt à quitter une zone d’emploi pour une autre dans le but d’améliorer leur salaire. Aux coûts de déménagement ou déplacements journaliers peut s’ajouter le surcoût de la vie dans les zones les plus denses en emplois et en diplômés, en particulier le prix du logement.

 

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