C’est quoi « une profession verdissante » ? Près de 4 millions d’emplois, c’est ce que représentent en moyenne sur les années 2010 à 2014 les « professions vertes » – celles qui ont une finalité environnementale –, et les « professions verdissantes » – celles dont l’exercice est potentiellement affecté par la prise en compte des préoccupations environnementales.

Les professions vertes, qui emploient 144 000 personnes, représentent 0,5 % de l’emploi total. Elles sont liées à la production et distribution d’énergie et d’eau (45 %), à l’assainissement et traitement des déchets (35 %) et à la protection de la nature et de l’environnement (20 %).

Les professions verdissantes, beaucoup plus nombreuses, avec 3 761 000 personnes, représentent 14,1 % de l’emploi total et relèvent de domaines d’activité variés : bâtiment (39,5%), transports (19,4 %), recherche (8,9 %), agriculture, sylviculture et entretien des espaces verts (6,0 %), etc.

Les professionnels exerçant une profession verte ou verdissante sont principalement des hommes et sont relativement jeunes. La majorité est non diplômée ou diplômée de niveau CAP-BEP, du fait notamment d’une part importante d’ouvriers.

 

Les professions verdissantes du bâtiment : des professions quasi-exclusivement masculines et peu qualifiées

En 2012, on comptabilise 1 487 000 professionnels du bâtiment parmi les emplois verdissants (soit 39,5 % de l’ensemble de ces emplois). Ont notamment été pris en compte les professionnels de la conception et des études (14 %), de la conduite de travaux (10 %), du gros œuvre (33 %) et du second œuvre (43 %). En effet, les exigences réglementaires de performance énergétique ainsi que la demande du marché (écoconstruction, matériaux plus écologiques, etc.) impliquent une montée en compétence, portant à la fois sur l’utilisation de nouveaux matériaux, l’apprentissage de nouvelles techniques de construction et d’isolation, l’instal- lation de nouveaux matériels performants, etc., mais également sur de nouvelles modalités de travail entre corps de métiers (4).

Près d’un professionnel verdissant du bâtiment sur cinq est non salarié : artisan (maçon, menuisier, plombier, etc.) ou architecte libéral. Pour les salariés, si les contrats ou emplois à durée indéterminée restent la norme (65 %), l’apprentissage (6 %) et les CDD (7 %) sont fréquents, notamment chez les ouvriers non qualifiés.

Globalement, en lien avec la forte proportion d’ou-vriers, les professionnels verdissants du bâtiment sont quasi exclusivement des hommes (94 %), le plus souvent diplômés de niveau CAP-BEP (41 %) ou au plus, du brevet des collèges (25 %). Les professionnels de la conception-études, qui regroupent les ingénieurs et les architectes, sont plus qualifiés (48 % de diplômés du supérieur) et plus féminisés (25 % de femmes). Les professions de la conduite de travaux, qui intègrent également des ingénieurs et cadres de chantier, comptent 16 % de diplômés du supérieur.

 

Les professions verdissantes des transports : des emplois stables, souvent exercés par des professionnels de plus de 40 ans

En 2012, les professions verdissantes des transports comptent 728 000 professionnels, soit 19,4 % de l’emploi dans les professions verdissantes. Elles regroupent les professions de la conduite (71 %) et de la logistique (29 %).

Les professions de la conduite rassemblent les conducteurs routiers, de transports en commun, de taxi, etc., qu’ils soient salariés (87 %) ou indépendants (13 %). L’intégration de l’éco-conduite dans les pratiques professionnelles demeure le principal enjeu du verdissement de ces professions. Les dispositifs de formation obligatoire sont les principaux vecteurs de sensibilisation. Les professions de la conduite sont très masculines avec en moyenne seulement 8 % de femmes. Les professionnels exerçant une profession liée à la conduite sont également relativement âgés : en moyenne, les deux tiers ont plus de 40 ans. Ils sont aussi peu diplômés : 46 % ont un diplôme de niveau CAP- BEP et 32 % au plus le brevet des collèges.

Les professions de la logistique regroupent les professionnels chargés d’organiser et de contrôler la production, les stocks et le transport de produits, de marchandises ou de voyageurs. Optimiser les trajets, les ressources, les solutions de transport, les taux de chargement des véhicules, mettre en place une nouvelle organisation de travail pour intégrer les impacts environnementaux et un management environnemental des sites, utiliser les nouvelles technologies (moteurs hybrides et électriques) (5) sont autant de pratiques témoignant du verdissement de ces professions. Comme les autres professionnels des transports, ils sont relativement âgés : en moyenne, 60 % ont plus de 40 ans. En revanche, ces professions sont plutôt féminisées puisque les femmes y représentent un poste sur quatre. La plupart de ces professionnels étant ingénieurs, cadres, techniciens ou agents de maîtrise, 19 % sont diplô- més du supérieur et 22 % d’un baccalauréat + 2 ans. Quasiment tous les professionnels de la logistique ont un emploi à durée indéterminée (95 %), rarement à temps partiel (5 %).

 

Les professions verdissantes de l’industrie : des professions aux contenus et aux caractéristiques très hétérogènes

En 2012, 19,1 % de l’emploi dans les professions verdissantes relève du domaine de l’industrie, soit 719000 professionnels. Les professions verdissantes de l’industrie sont très hétérogènes. La majorité exerce des professions de la maintenance (63 %), qui ont pour objectif de détecter, anticiper et rétablir les pannes des équipements industriels, qu’ils soient mécaniques, électriques, ou encore automobiles. Les autres exercent des professions de contrôle-qualité (23 %) ou de design industriel (14 %).

Les professions de la maintenance regroupent les professionnels qui entretiennent et réparent les équipements électriques et mécaniques industriels. Leur activité s’intègre aux enjeux liés à l’économie circulaire. Ils sont techniciens, agents de maîtrise, ouvriers qualifiés ou artisans travaillant à leur compte. La quasi-totalité d’entre eux sont des hommes (97 %), le plus souvent diplômés de niveau CAP-BEP (43 %) ou baccalauréat (24 %).

Les professions de contrôle-qualité rassemblent les professionnels chargés de définir, organiser et tester les méthodes de fabrication, les modes opératoires et les moyens de production au sein des industries ou des laboratoires. Un tiers d’entre eux sont des femmes. La plupart étant ingénieurs, cadres ou techniciens, ils sont souvent diplômés du supérieur (38 %) ou d’un baccalauréat + 2 ans (25 %). Les contrats ou emplois à durée indéterminée sont très répandus dans ces professions puisqu’ils concernent plus de neuf professionnels sur dix.

Les professions verdissantes du design industriel sont assimilables à des professions de dessina- teur ou de technicien d’étude ou de production potentiellement concernés par l’écoconception. La moitié de ces professionnels sont des femmes. Indépendants (37 %) ou salariés (63 %), ils sont plutôt jeunes puisque 60 % d’entre eux ont moins de 40 ans.

 

Les professions verdissantes de la recherche-développement : des professions plus féminines et très qualifiées

En 2012, les professions de la recherche-développement rassemblent 334 000 emplois, représentant 8,9 % de l’emploi dans les professions verdissantes. Elles regroupent les professionnels de la recherche en industrie (68 %), qui exercent en entreprise pour créer des produits, des procédés ou des services innovants ; ainsi que les professionnels de la recherche publique (32 %), qui conduisent des programmes scientifiques et technologiques au sein des universités, des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche comme le CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

Ces professions font partie des plus féminisées des professions verdissantes, avec 30 % de femmes en moyenne. La majorité de ces professionnels étant chercheurs, ingénieurs ou cadres, plus des deux tiers d’entre eux sont diplômés du supérieur, mais 17 % sont également diplômés d’un baccalauréat + 2 ans et 7 % du baccalauréat puisque pour accomplir les missions de recherche, les compétences de techniciens sont aussi indispensables.

Dans la recherche en industrie, 92 % des professionnels sont en contrat ou en emploi à durée indéterminée. Dans la recherche publique en revanche, 69 % disposent de ce type de contrat, les autres sont en CDD (29 %), apprentis ou stagiaires (2 %).

 

Les professions verdissantes de l’agriculture et de l’entretien des espaces verts : des professionnels plutôt jeunes, avec des diplômes de niveaux variés

En 2012, 6,0 % de l’emploi dans les professions verdissantes concerne l’agriculture et l’entretien des espaces verts, soit 225 000 professionnels. Les deux tiers d’entre eux exercent des professions d’entretien des espaces verts (jardiniers, paysagistes, etc.), les autres sont ingénieurs agronomes, techniciens de conseil, d’étude ou de contrôle, contremaîtres ou ouvriers de l’agriculture-sylviculture.

La quasi-totalité des professionnels de l’entretien des espaces verts sont des hommes (94 %), plutôt jeunes (33 % ont moins de 30 ans) et peu diplômés (32 % ont au plus le brevet des collèges, 37 % ont un CAP ou un BEP). Le temps partiel concerne un professionnel sur cinq. Les entrepreneurs en parcs et jardins et paysagistes, tous non salariés, représentent 19 % des effectifs. Pour les jardiniers salariés, l’apprentissage (15 %) et les CDD (16 %) sont fréquents.

Dans les professions de l’agriculture-sylviculture, les femmes sont plus présentes (21 %) et les professionnels sont plutôt jeunes (54 % ont moins de 40 ans). Ces professions regroupant à la fois des ouvriers, des contremaîtres, des techniciens, des ingénieurs et des cadres, ils ont des niveaux de diplômes très variés : 23 % ont un CAP ou un BEP, 20 % ont le baccalauréat, et 24 % un baccalauréat + 2 ans. Les contrats ou emplois à durée indéterminée (85 %) sont la norme.

 

Les autres professions verdissantes, achats, tourisme, animation : des professions très féminisées et très jeunes

La catégorie « autres » rassemble les professions verdissantes des achats, du tourisme et de l’animation. En 2012, ils comptent 268 000 professionnels, soit 7,1 % de l’emploi des professions verdissantes.

En 2012, 111000 professionnels exercent une profession liée aux achats. Ils sont chefs de produit, acheteurs du commerce ou aides-acheteurs. Ces professions sont particulièrement féminines, jeunes et diplômées : plus de la moitié des professionnels sont des femmes (52 %) ; 54 % d’entre eux ont moins de 40 ans et la plupart sont diplômés du supérieur (54 %) ou d’un baccalauréat + 2 ans (20 %). Ils ont quasiment tous un contrat ou emploi à durée indéterminée (94 %).

Les professions du tourisme et de l’animation emploient 157 000 personnes en 2012. Plus de huit professionnels sur dix sont animateurs socioculturels et de loisirs. Les autres sont directeurs de centres ou agents d’accompagnement. Ces professions sont les plus féminisées (71 %) des professions verdissantes. Elles sont aussi les plus jeunes (39 % ont moins de 30 ans), car souvent exercées par des étudiants en parallèle de leurs études ; et celles où les CDD (33 %) et le temps partiel (48 %) sont les plus répandus, en raison du besoin d’adapter les effectifs aux périodes de forte affluence, notamment pendant les vacances scolaires.

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