D’après une étude réalisée par la fondation Abbé Pierre, environ 4,5 millions de personnes majeurs vivaient chez leurs parents en 2013.

Un chiffre à nuancer

Néanmoins, ce chiffre est à nuancer, car 71% d’entre eux ont entre 18 et 24 ans et 2 millions sont encore en étude ou en stage non rémunéré. Dans ces cas, le choix du logement parental n’est pas une solution de repli mais plutôt un confort personnel car le jeune adulte n’a pas encore commencé sa vie professionnelle. Comme on pourrait s’en douter, le nombre de personnes vivant chez ses parents décline avec l’âge : 82% des 18 ans vivent toujours dans le foyer familial contre 30% des 25 ans et plus.

Ce qui est plus inquiétant c’est que 1,5 million de personnes occupent un emploi mais vivent toujours chez leurs parents. Encore plus alarmant, 746000 personnes ont un CDI à temps complet. Manuel Domergue, responsable d’études à la fondation Abbé Pierre déclare : «Même un emploi stable ne permet plus d’accéder à l’autonomie immobilière. La hausse des prix fulgurante des logements engendre aujourd’hui cette incohérence».

Contraints de retourner vivre au domicile familial

La plupart du temps, la personne retourne vivre dans le foyer familial faute de pouvoir assumer seule un loyer. 925 000 personnes étaient dans ce cas en 2013, même si 1/3 d’entre eux avaient vécus loin de leurs parents pendant plus d’un an. Les études montrent que ce retour au domicile parental n’est pas transitoire mais durable. Près de 590 000 personnes y résidaient depuis plus de 6 mois au moment de l’enquête. Près d’un million de ces jeunes déclarent souhaiter quitter le domicile familial s’ils en avaient les moyens. Ces retours sont la conséquence d’une perte d’emploi, d’un problème financier ou d’une rupture amoureuse. Pour 86% des 35 ans et plus, il s’agit d’importants soucis financiers et sociologiques. 

Crise du logement

Malgré tout, revenir chez ses parents est destinée aux privilégiés, qui est une solution de secours face à la crise du logement.  «Certains n’ont pas cette chance, déclare Manuel Doumergue. Soit parce que les parents n’en ont pas les moyens financiers, soit parce qu’ils sont malheureusement décédés». Cette solution de secours se substitue également aux défaillances de l’habitat étudiant : «De nombreuses carences se font remarquer dans le milieu étudiant Aujourd’hui, il y a une place pour 13 étudiants dans les cités universitaires», affirme Manuel Doumergue. «Si on continue à ne pas réformer cette politique, il n’y a aucune raison que ce phénomène des ‘’Tanguy » s’arrête. Un plan de relance universitaire doit être engagé en profondeur, selon Manuel Doumergue. Les HLM doivent également être davantage accessible aux jeunes. Ce n’est pas le cas actuellement». Il rappelle également que le nombre d’hébergés contraints a augmenté de 20% entre 2002 et 2013.

 

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